Drôle d’automne qui m’chauffe la couenne, pour paraphraser la chanson bien connue de notre ami Piché.
Qui m’chauffe la couenne parce qu’il fait merveilleusement beau, mais aussi à cause de ce j’entends et lis au sujet des accommodements raisonnables.
Essayons, bien que ce ne soit pas là une tâche facile, de nous en tenir aux faits.
Quoi qu’en pensent bien des gens, la population francophone du Québec est une population en péril. Le mélange “très faible taux de natalité et proximité géographique d’un océan anglophone de tout près de 400 millions de personnes” qui représente également une superpuissance économique, politique et culturelle constitue plus que jamais une menace à la survie même de cette population francophone. Prenons note au passage d’ailleurs que notre poids démographique dans l’ensemble canadien diminue depuis plusieurs années comme une peau de chagrin. Cela signifie que notre poids politique dans cet ensemble diminue également. Conséquence? On va de moins en moins tenir compte de nos demandes, préoccupations et besoins à Ottawa puisque nous y ferons élire de moins en moins de députés. Moins d’argent pour le Québec, donc. Moins de soutien pour les projets économiques québécois. À terme, nous sommes condamnés à devenir une minorité parmi les autres minorités de la mosaïque culturelle canadienne. Rien de très réjouissant.
Solution? L’immigration. Si nous ne nous reproduisons plus, importons des citoyens. C’est ce que nous faisons depuis déjà un certain temps. Environ cinquante mille nouveaux arrivants l’année prochaine au Québec. Bravo! Mais seulement si ces nouveaux arrivants s’intègrent étroitement à la population francophone du Québec. Sinon, nous ajoutons à la menace extérieure une grave menace intérieure: une population grandissante d’immigrants mal intégrés, se sentant davantage anglophones que francophones, partageant peu de choses avec une population francophone vieillissante, en déclin. Quelle perspective!! Si nous laissons aller les choses, à ce train, il est plus que probable que nous serons éventuellement minorisés sur notre propre territoire.
Si on classait les populations humaines comme nous le faisons pour les populations animales, la population francophone du Québec serait vraisemblablement considérée comme une espèce protégée, avec tous les égards qui sont dus à ce type d’espèce.
Cela signifie qu’il nous revient, de manière urgente, de prendre les moyens à notre disposition pour assurer une véritable intégration linguistique et culturelle des nouveaux arrivants. Cela signifie que tous les moyens incitatifs et coercitifs doivent être utilisés. Il est étonnant de constater que la plupart des québécois vivant à l’étranger que nous connaissons apprennent en très peu de temps la langue du pays où ils vivent et s’intègrent parfois un peu trop vite à la culture ambiante. Ne soyons pas moins exigeants envers les étrangers qui s’établissent ici que nous ne le sommes envers nous-mêmes quand nous allons vivre ailleurs. Nous ne pouvons nous le permettre. Ne tolérons plus que des immigrants puissent ignorer qui est Charlebois après trois années passées ici. Nous ne pouvons nous le permettre. Ne disons pas que nous ne pouvons pas exiger des immigrants qu’ils parlent le français à la québécoise après un délai qui, à mon avis, devrait être passablement court, sous prétexte que plusieurs d’entre nous s’expriment dans un français peu exemplaire. Nous ne pouvons nous le permettre et cela est aussi absurde que de dire qu’on n’arrêtera pas de fumer parce que de toute façon, l’air que nous respirons est pollué. Ne disons pas qu’il ne faut rien exiger des immigrants sous prétexte que nous n’avons qu’à nous reproduire davantage pour régler notre problème. Nous ne pouvons nous le permettre. Nous devons être exigeants envers nos immigrants et en même temps faire davantage d’efforts pour mieux maîtriser notre langue et aussi augmenter notre taux de fécondité. Nous sommes une population menacée. Sérieusement menacée. En état de légitime défense. Cela signifie que nous sommes justifiés de prendre les mesures nécessaires à notre survie et à notre épanouissement, même si, hors contexte, elles peuvent paraître excessives. Cela signifie que nous ne devons pas nous satisfaire d’immigrants qui adoptent notre langue du bout des lèvres et qui autrement vivent dans leur langue maternelle ou l’anglais. Cela signifie que nous ne devons plus accepter des immigrants qui plutôt que de chercher à s’intégrer, cherchent à se distinguer. Nos immigrants tiennent à préserver leur héritage culturel et religieux. Cela ne peut d’aucune manière au prix de notre éventuelle disparition. Nous ne pouvons absolument pas nous le permettre. Cela signifie aussi que nous ne devrions pas être gênés d’invoquer la clause nonobstant chaque fois que la Cour suprême du Canada déclare inconstitutionnelle une mesure prise ou une loi adoptée dans le but d’assurer l’avenir des québécois. Et force est de constater que nos gouvernements ont été beaucoup trop frileux en cette matière.
Je dois couper court, mais je reviendrai sous peu sur le sujet.
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