Hérouxville! Un cri du coeur. Forme qui laisse à désirer, mais message clair que je partage absolument. À force d’insister pour faire du Québécois un concept purement territorial (i.e. personne qui vit au Québec), on a évacué tout ce qu’est vraiment un Québécois.
Un Québécois, c’est une personne qui parle français comme un Québécois, qui sait qui est Michel Louvain, qui aime bien sacrer comme un charretier à l’occasion, qui fête la Saint-Jean en chantant des chansons nationalistes, qui décore un sapin à Noël, qui a grandi à l’ombre d’une église ou d’une chapelle, qui a trippé sur Guy Lafleur, qui pêche les petits poissons des chenaux, dont les tissus sont faits de binnes, d’oreilles de crisse, de cretons, de sirop d’érable, de tête fromagée, de beurre de pinottes et de Kraft Dinners. Un Québécois, c’est aussi tout immigrant qui cherche réellement à adhérer le plus possible à ce qui fait le Québécois, mais ce n’est certainement pas celui qui cherche plutôt à continuer de vivre le plus possible comme là d’où il vient. Quand un immigrant de première génération ne s’exprime tant à l’oral qu’à l’écrit que dans un français approximatif après cinq ans au Québec, il y a un problème, disons. Mais quand un immigrant de deuxième, de troisième, de quatrième génération a toujours de la difficulté avec le français et ignore où est Sept-Îles ou qui sont les Trois Accords, comme cela arrive trop souvent même dans les classes sociales plus aisées et les plus instruites, on doit parler de mauvaise volonté, de refus de s’intégrer et là, la tolérance n’est absolument plus de mise.
Il faut voir avec quelle rapidité le Québécois installé à Paris en vient à s’exprimer comme un Parisien ou se met à casser son français après quelques années à peine en milieu anglophone. Si nous arrivons à nous intégrer si facilement en pays étranger, pourquoi semble-t-il si difficile pour les autres de devenir des Québécois quand ils débarquent chez nous? Une réponse s’impose: ils ne le veulent pas, d’autant moins que nous le tolérons.
Alors, mon point de vue sur les accommodements? Nous sommes environ six millions de Québécois entourés d’une mer anglophone. Quoi qu’en disent les chantres du laissez-faire, il y a constamment péril en la demeure. Nous, plus que bien des peuples, sommes condamnés à demeurer vigilants. Nous ne sommes pas la France et ses dizaines de millions de francophones entourée de pays ayant des cultures et parlant des langues fort diverses. Nous sommes un poisson rouge dans un banc de piranhas. Nous sommes en perpétuel état de légitime défense puisque ce que nous sommes pourrait si facilement être englouti, comme la Nouvelle-Orléans lorsque les digues ont cédé…
Qui dit légitime défense dit avoir le droit de poser des gestes autrement condamnables lorsque notre intégrité est en danger. Les Québécois ont ce droit à la légitime défense. Ce que nous sommes est suffisamment beau et noble pour mériter d’être défendu avec vigueur. Nous n’avons pas à tolérer que des gens que nous avons accueillis ne fassent pas tout ce qu’ils peuvent pour s’intégrer et rapidement. Encore moins à chercher à les accommoder dans leurs efforts de non intégration. Est-ce qu’une femme qui porte le voile cherche à s’intégrer? Est-ce que les gens qui demandent que la loi islamique puisse officiellement s’appliquer dans les affaires civiles cherchent à s’intégrer? Est-ce que les Juifs orthodoxes qui continuent à se promener dans nos rues en ignorant tout ce qui n’est pas comme eux cherchent à s’intégrer? Est-ce que les défenseurs du rouleau de Charmin sur la tête et du port du kirpan cherchent à s’intégrer? Est-ce que ceux qui ont le culot de menacer de poursuites la municipalité de Hérouxville si elle ne recule pas cherchent à s’intégrer? Est-ce que ceux qui ont viré l’ambulancier de leur hôpital parce qu’il y mangeait du jambon ailleurs que dans le local aménagé pour les mangeurs de non cachère, hôpital financé au moins en partie à même nos impôts, cherchent à s’intégrer?
Poser toutes ces questions c’est y répondre. Les Québécois représentent encore environ 85% de la population vivant au Québec. Malheureusement, les gentils Québécois se trop longtemps promenés à genoux chez eux, s’excusant presque d’exister à la moindre occasion. Résultat, la société en péril que nous formons est de plus en plus affaiblie par des minorités qui ne se gênent plus pour montrer les dents comme un chihuahua devant un berger allemand bien en laisse. Un peu comme pour le réchauffement de la planète, le temps de laisser aller les choses est révolu. Brisons nos chaînes, soyons fiers de ce que nous sommes, réalisons que nous nous trouvons dans notre maison, et disons au chihuahua que nous sommes prêts à jouer avec lui mais que nous dictons les règles du jeu. Dans ces conditions, le seul accommodement qui soit raisonnable est aucun accommodement. Un seul mot d’ordre: intégration. Pour assurer notre survie, mais aussi par respect pour ceux qui nous ont précédés, des Québécois catholiques francophones, faits de lacs, de rivières et de Muslix, qui ont travaillé dur, très dur, pour nous amener là où nous sommes. Nous leur devons bien de tout faire pour préserver
l’héritage qu’ils nous ont laissé. Alors, pas question d’enlever les crucifix d’où que ce soit, parce que ça aussi, ça fait partie de ce que nous sommes, même si plusieurs d’entre nous n’y croyons plus .
6 réponses pour le moment ↓
1 LouisR // 6 février 2007 à 1:01
Ok cousin. Là je suis tout à fait avec toi. Comment se fait-il que la rectitude politique semble empêcher d’affirmer de tels points de vue? Où est la fine frontière entre le racisme et le nationalisme ? Entre le racisme et l’identité d’un peuple (oserais-je dire “nation” quoi que le terme deviens de plus en plus dilué !)? Je perd la voix face au cynisme et aux réactions de “l’élite médiatique” (Guy A, René Homier Roy, Marc Laurendeau) des propos tenus par le conseiller d’Hérouxville (avouons qu’il est allé trop loin dimanche soir !!) et *surtout* face à la facilité avec laquelle les médias en général semblent prendre un malin plaisir à pointer du doigt les items les plus extrêmes des normes d’Hérouxville (la lapidation ou “dilapidation” comme une citoyenne d’une municipalité voisine a dit récemment) pour jetter un discrédit complet sur le fond du débat.
Si je n’avais qu’une seule question à poser je vous demanderais quel est/sont, à votre avis, les meilleurs médiums pour faire comprendre à nos dirigeants ce “poing de vue” que tu émets Louis? Comment rassembler ceux qui sont en accord avec cette vision et la faire voir de façon clair aux personnes de décision ? Bonne journée à tous !
2 Dianne Dufour // 12 février 2007 à 4:41
> Non ! Non ! Et de même je trouve ridicule de changer NOTRE ACCENT quand on pose les pieds en FRANCE… pour se fondre dans le décors… et avoir l’air d’être assimilé a leur culture ! L’intégration n’est pas L’ASSIMILATION qui, elle, mise sur le nivellement des différences !
3 Dianne Dufour // 12 février 2007 à 4:44
Je suis désolee… mon commentaire a été amputé de 80 % de son contenu et ne reflete en rien ce que je voulais dire ici…
4 louist // 12 février 2007 à 4:53
Il me fera plaisir de vous lire au long si vous pouvez récupérer le 80% manquant.
5 Dianne Dufour // 12 février 2007 à 5:00
Troisième essai :
> Non ! Non ! Et de même je trouve ridicule de changer NOTRE ACCENT quand on pose les pieds en FRANCE… pour se fondre dans le décors… et avoir l’air d’être assimilé a leur culture ! L’intégration n’est pas L’ASSIMILATION qui, elle, mise sur le nivellement des différences !
6 soprin // 30 juillet 2007 à 7:51
A quand un autre article choc ?
Soprin
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