Ma mère ne sera pas fière de moi, mais même au risque d’être déshérité, j’assumerai complètement le dinosaure que je suis à ce sujet.
Allons-y sans détour. J’estime que la peine de mort est le traitement qu’il faut infliger à quelqu’un dont on est certain qu’il a tué un de ses congénères.
Mais, me direz-vous, peut-on jamais être certain qu’une personne qu’on va exécuter n’est pas la victime d’une erreur judiciaire? Réponse: je dis qu’il y a de nombreux cas - qui deviendront de plus en plus nombreux- où, ADN aidant, on peut être absolument certain de ne pas se tromper. La pendaison n’est que pour eux, bien sûr.
Mais, ajouterez-vous, même si l’on est certain qu’une personne en a tué une autre, il y a néanmoins une différence entre le meurtre prémédité et le meurtre par accident. Oui. Je crois qu’on ne devrait pas éliminer quelqu’un qui a tué par accident (voiture, chasse, par exemple) ou par compassion. Mais dans les autres cas, y compris celui du meurtre dit passionnel, qu’on rassemble le peloton d’exécution que diable!
Mais, continuerez-vous d’argumenter, pourquoi la peine de mort alors que l’on sait maintenant qu’elle n’a pas d’effet dissuasif sur les meurtriers éventuels, préméditeurs ou trop émotifs. Qu’il y ait effet dissuasif ou non n’est malheureusement pas pertinent. Si l’État doit opter pour la peine de mort, c’est parce que l’auteur d’un meurtre, nous a, en tuant, coûté beaucoup trop cher comme société. D’abord, il a détruit la vie de sa victime. Ensuite, il a, du même coup, sérieusement affecté, et dans certains cas, à toute fin pratique, anéanti la vie de nombreux proches de la victime immédiate (enfants, conjoint, parents, amis, frères, soeurs…). Ce sont des coûts économiques, humains et sociaux qui dépassent déjà, et de loin, la valeur de celui qui les a entraînés quel qu’il soit. Et il faudrait continuer de payer pour maintenir en vie ce gouffre financier dans une prison et payer encore pour tenter de le réhabiliter dans l’espoir plus qu’incertain qu’il ne récidivera pas et qu’il redeviendra (ou deviendra, c’est selon) un citoyen exemplaire??!! Je ne crois pas. Je noterai au passage qu’on évalue l’efficacité de nos efforts de réhabilitation essentiellement en termes de récidive. Or, se peut-il que beaucoup de meurtriers dits réhabilités parce qu’ils n’ont pas récidivé demeurent à perpétuité une charge sociale (problèmes d’alcool, de drogue, de chômage, de violence…)?! Je crains que oui, et non merci!! N’oublions pas que nous sommes maintenant plus de six milliards d’humains sur notre belle planète bleue. Alors pourquoi, je vous le demande, faire tant de cas et de frais pour quelqu’un qui, en posant pareil geste, s’est irrémédiablement mis dans le rouge?
Je préfère qu’on consacre nos ressources limitées à tenter de réparer les dégâts causés par l’assassin en aidant les victimes le plus possible et en tirant un trait au plus vite sur ce dernier…
4 réponses pour le moment ↓
1 Jacques // 11 octobre 2006 à 3:30
Comme tu t’en doutes, je ne serai pas d’accord. Le test d’ADN est des plus intéressants mais il ne nous préserve pas de l’incompétence des gens qui font le travail d’analyse. Il existe plusieurs cas aux États-Unis dont, entre autres, celui-ci, du mois de juin dernier, qui a mené un type du Texas en tôle pour 18 mois :
« Wrongly accused man sues city, lab
(…) The 27-year-old can’t erase the stigma of having been accused of sexually assaulting a 9-year-old girl.
(…)
Last week Byner sued Fort Worth and its crime lab for its “total lack of procedure or a failure to follow, what at best, was sloppy procedure with respect to DNA testing,” court records state. »
Dans d’autres circonstances, il aurait pu être condamné à mort et exécuté.
Je t’invite également à aller sur le site Internet d’une très bonne émission de télé québécoise qui démontre encore qu’il y a des incompétents partout, même dans les labos.
http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/lafacture/niveau2_6511.shtml
Or, quand il est question de la vie d’une personne, je crois qu’on ne peut pas prendre le risque d’ordonner l’irrémédiable car on ne sait jamais si la décision n’est pas basée sur le verdict d’un incompétent.
Errare humanum est.
2 Max // 13 octobre 2006 à 11:16
Cher Monsieur Vue (il s’agit bien du poing de Vue, n’est-ce pas?),
Je crains que votre poing, cette fois-ci, ait tristement frappé de façon tout aussi aveugle que retentissante.
Si je comprends bien, la seule raison de tuer un coupable de meurtre au premier degré (en espérant que ce soit le seul cas que vous envisagiez et en présumant, bien que j’en doute fortement (l’ADN a ses limites, mais je passe rapidement car ce n’est pas le fond de mon propos), que l’on puisse arriver à prouver un crime non pas hors de tout doute raisonnable (comme c’est le cas présentement), mais bien de façon absolue), ce sont les coûts sociaux qui y sont rattachés. Votre position pose plusieurs problèmes.
D’abord, une condamnation pour meurtre au premier degré comporte la preuve de deux éléments distincts; 1) l’actus reus (i.e. le geste lui-même) qui pourrait peut-être, je réitère le peut-être, faire l’objet d’une preuve absolue, et 2) la mens rea (i.e. l’intention coupable de poser le geste afin qu’il conduise au résultat voulu, la mort d’un être humain) laquelle sera bien difficile à prouver par ADN. Alors je vous le demande Monsieur Vue, comment allez-vous faire pour prouver, non pas au-delà du doute raisonnable, mais bien de façon absolue, l’intention coupable de quelqu’un? Comment départager la légitime défense, le syndrome de la femme battue et l’impulsion subite (par exemple, je rentre chez moi et découvre mon beau-frère entrain d’abuser sexuellement de ma fille de 8 ans; pris d’un excès de rage, je me rue sur lui le roue de coups plus violents les uns que les autres jusqu’à ce qu’il en meure), pour ne nommer que quelques cas, du véritable meurtre prémédité? L’ADN dont vous faites l’apologie sans trop de nuances ne vous sera certainement pas d’un grand secours.
Ensuite revenons sur les coûts qui vous sont si chers, Monsieur Vue. Si les meurtriers coûtent cher à la société qu’en est-il des abuseurs d’enfants? Qu’en est-il de celui qui tente de tuer quelqu’un mais qui rate son coup mais rend sa pauvre victime à l’état végétatif? Puisque manifestement le légume coûtera plus cher à la société, aussi bien tuer le coupable de la tentative de meurtre aussi!
Toujours relativement aux coûts, en présumant que la grossière généralité que vous faites quant au penchant pour les meurtriers de finir alcooliques ou drogues soit aussi vraie que vous ne le laissiez entendre, eh bien pourquoi ne pas en profiter pour tuer tous les drogués et alcooliques du Canada? Qu’ils aient ou non tué quelqu’un, n’est-ce pas qu’une considération mineure par rapport à ce qu’ils coûtent à nous, bons citoyens? Et qu’en est-il des fumeurs? Des obèses?
Finalement, vous soulevez également la question intéressante de la récidive, et du fait que la réhabilitation s’évalue souvent sous cet angle. Bien que je n’aie pas de données empiriques sur ce sujet à portée de main, je mettrais ma main au feu qu’il y a beaucoup plus d’abuseurs d’enfants qui récidivent que de meurtriers qui deviennent des tueurs en série. Alors lesquels devrions-nous tuer, ceux qui détruisent la vie de dizaines d’enfants (et de leur famille immédiate et de leur famille à fonder ultérieurement) ou ceux qui commettent un meurtre? Personnellement, et il s’agit ici d’un sentiment personnel et non pas d’une proposition législative, mon âme serait bien davantage apaisée que l’on tue un salaud qui a brisé la vie de 14 mineurs plutôt qu’un motard qui en a tué un autre.
La référence à mon âme apaisée n’est pas innocente, Monsieur Vue. Car une fois qu’on a mis de côté vos malheureux arguments purement monétaires, il ne reste qu’une chose: la satisfaction du peuple par une vengeance sauvage.
Est-ce là où vous voulez nous conduire, Monsieur Vue? Vers un retour au Moyen-Âge?
3 richard // 14 octobre 2006 à 8:26
intéressant vos poings de vue respectifs. MAX frappe un grand coup. J’oserais ajouter qu’à mon avis, les “zabuseurs” d’enfants, seraient les premiers sur la ligne de tir. Je sais que MAX ne milite pas en ce sens. En fait il a raison il faut être très prudent avant de tirer la ligne. Toutefois le problème repose en fait sur la situation suivante; Nous savons tous que notre société tolère l’intolérable grâce à certains groupes de pression bien organisés. Si la peine de mort n’est pas LA solution, elle pourrait faire partie des solutions et ne pas être totalement exclue des mesures à prendre dans certains cas. Si en plus nous n’avions pas le sentiment qu’on se la coule “relativement” douce dans les murs de nos geôles et que les peines sont on ne peut plus raccourcies, notre souhait de voir un crime odieux puni conséquemment, serait mieux comblé !
J’ai dit !
4 michelle // 15 octobre 2006 à 7:04
Louist,
Je suis d’accord pour tuer les abuseurs d’enfants. Et qu’ils souffrent. Pour les autres, c’est du cas par cas mais oui il y en a qui méritent de crever. V for Vendetta. C’est mieux à mon avis que de rester assis sans rien dire pendant qu’on vous agresse et ensuite qu’on agresse votre voisin.
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